Le Projet

Pourquoi une recherche-action ?

Parce que, même si l’Éducation artistique et culturelle est aujourd’hui reconnue comme une priorité nationale, définie par des textes et mise en oeuvre sous de multiples formes sur le terrain, elle est encore le parent pauvre des politiques publiques et souvent la première victime des restrictions budgétaires. Ainsi, ceux qui la portent naviguent souvent à vue dans une précarité permanente des dispositifs et des moyens, qui les décourage et affaiblit leur action dans une période où de nouveaux dispositifs (rythmes scolaires, réforme territoriale) viennent transformer un contexte déjà difficile.

Or une recherche-action, telle qu’elle est proposée ici, est une démarche active qui, à la différence du dispositif vertical de l’audit, associe tous les acteurs dans une relation horizontale, chacun étant porteur d’une part d’expertise. À partir d’un état des lieux précis et d’un diagnostic lucide de l’existant, il s’agit d’abord de comprendre les points de vue de chaque catégorie d’acteurs et de dépasser les a priori et les blocages.

C’est ainsi que la réflexion collective, nourrie des travaux des chercheurs et s’inscrivant dans la durée, pourra déboucher sur des propositions réalistes et concertées d’organisation (ou de réorganisation) structurelle, de modalités d’intervention et d’actions, destinées à structurer une offre cohérente et pérenne au niveau du territoire.

Avec quel programme ?

Quatre chantiers d’exploration et de réflexion ont été identifiés, dont la pertinence a pu être vérifiée lors des conclusions de l’Université d’Été de l’Éducation artistique et culturelle qui s’est tenue à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon en septembre 2014. Cependant, il s’agit d’un cadre de travail qui évoluera nécessairement en fonction de l’avancement de la réflexion du Collectif entre octobre 2014 et décembre 2015. Les chantiers 1 et 2 doivent permettre de savoir précisément de quoi l’on parle pour se doter de références et de définitions partagées, de mutualiser les expériences et de réfléchir sur leur transférabilité ; les chantiers 3 et 4 de revenir avec ces résultats vers les politiques publiques pour travailler la notion de responsabilité et parvenir à construire des propositions réalistes et réalisables.

1. État des lieux et diagnostic : faire l’inventaire précis des textes et des dispositifs institutionnels régissant l’EAC, de ses objectifs pédagogiques et artistiques tels que les envisagent les différents acteurs, ainsi que des actions développées jusqu’ici en Vaucluse. Les interroger en les confrontant aux analyses des chercheurs sur la place de l’EAC dans l’histoire des politiques et de la démocratisation culturelles, en France et dans d’autres pays européens.
2. Les acteurs et les pratiques de l’EAC en Vaucluse : tenter une évaluation, par les acteurs eux-mêmes, des actions mises en place, des outils de médiation utilisés, des ressources existantes sur le territoire ; analyser le fonctionnement du partenariat entre artistes, enseignants, élus, techniciens.
3. La responsabilité publique : travailler ensemble sur l’évaluation des politiques publiques en Vaucluse (objectifs aux différents niveaux, cohérence, conditions nécessaires pour leur mise en oeuvre dans la durée).
4. La construction d’un projet territorial pour le Vaucluse : élaborer des propositions, les confronter à d’autres regards, mettre en forme les résultats de la recherche-action pour construire un projet cohérent.

Un engagement sur la durée

On aura compris qu’un tel programme ne peut être mis en oeuvre que si le Collectif se donne les moyens de travailler dans les meilleures conditions : des rencontres régulières, un engagement des participants à travailler ensemble sur toute la durée de la Recherche-action, l’appui méthodologique et scientifique de chercheurs, une organisation des journées de travail répartie entre des temps d’ateliers et des moments collectifs pour des apports et des synthèses, ainsi qu’un mode de communication souple entre participants dans l’intervalle des séances.

Entre octobre 2014 et février 2016, neuf journées ont été organisées dans le cadre de la Recherche-action. Les lieux où se sont déroulées les séances ont varié afin de découvrir les différentes facettes du territoire. Ces journées ont permis de rendre compte chaque mois des avancées des travaux entrepris par le Collectif et de réfléchir sur différentes thématiques liées à l’EAC et au territoire vauclusien. Une dynamique collective a été engagée et se poursuit depuis, avec pour objectif de parvenir le plus tôt possible à la mise en place concrète et effective d’un projet territorial pour l’éducation au spectacle vivant en Vaucluse.

Pour plus de détails, vous pouvez lire le compte rendu de la journée de lancement qui a eu lieu le 30 octobre 2014 à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse.

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